Soutenance de thèse: Louis-Félix NOTHIAS-SCAGLIA (7 décembre 2015)

Discipline: Chimie - Mention: Chimie organique et analytique


Etude de l'activité antivirale d'extraits d'Euphorbia de Corse : recherche de nouveaux diterpènes d'intérêt biologique

Résumé vulgarisé

Le chikungunya est une maladie infectieuse tropicale transmise par des moustiques du genre Aedes, dont le "moustique tigre" (Aedes albopictus). Cette maladie provoque d'intenses fièvres et des douleurs articulaires chroniques invalidantes. Avec la récente expansion d'Aedes albopictus, des épidémies massives se sont produites dans plusieurs régions du monde. A l'heure actuelle, il n'existe ni vaccins, ni traitements médicamenteux efficaces. Depuis une dizaine d'années, la présence durable du moustique tigre en Corse et en Méditerranée est très préoccupante puisqu'elle constitue un terrain fertile pour la propagation de la maladie.
Dans ce contexte, l'étude de la composition chimique et de l'activité antivirale des extraits végétaux, a été réalisée à partir des espèces du genre Euphorbia de Corse. Le présent travail de Doctorat a fait l’objet d'une collaboration entre le Laboratoire de Chimie des Produits Naturels (Université de Corse / CNRS) et l'Institut de Chimie des Substances Naturelles (CNRS). Les résultats ont montré que les extraits d'Euphorbia inhibaient la réplication du virus dans les cellules infectées. L'étude de la composition chimique de l'espèce Euphorbia amygdaloïdes subsp. semiperfoliata a permis d'isoler et d'identifier des molécules diterpéniques, dont quatorze d’entre elles sont décrites pour la première fois. Parmi ces molécules, un dérivé du 4-déoxyphorbol a été purifié par une approche novatrice utilisant la chromatographie en phase fluide supercritique (une technique respectueuse de l'environnement) et le traitement statistique des données de la spectrométrie de masse. Cette molécule manifeste une très forte activité antivirale, aussi bien contre le virus du chikungunya que contre le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). L'investigation du mécanisme d'action antiviral indique que la molécule, qui a été isolée, agit en stimulant les défenses constitutives des cellules infectées par le VIH. Cependant, la route est encore longue avant de comprendre le potentiel antiviral des métabolites produits par les euphorbes, dont la toxicité du latex est connue depuis l'antiquité.
 

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Rédigé par L'Ecole Doctorale le Mardi 3 Novembre 2015 à 08:53 | Lu 202 fois