Soutenance de thèse Chantal Laure DJEBEBE NDJIGUIM (12 décembre 2014)

Discipline: Sciences de l'Univers Mention: Terre solide : Géodynamique des enveloppes supérieures, paléobiosphère


Définition du potentiel aquifère du sous-sol de la région de Bangui (République Centrafricaine) à l’aide d’outils géochimiques et isotopiques. Aide à la mise en oeuvre d’un plan de diversification des ressources en eau potable à partir des eaux souterraines


Résumé vulgarisé

La ville de Bangui, capitale de la République Centrafricaine, est sujette à de grandes difficultés en termes d'alimentation en eau potable. Un moyen de diversifier les ressources est de mettre en exploitation de façon plus importante les eaux souterraines à proximité de la zone urbaine. Les outils de hydrogéologie chimique et isotopique ont été utilisés afin de caractériser les nappes d'eau souterraine en présence et évaluer leurs conditions de renouvellement, leur localisation ainsi que leur marquage en termes de pollution. Deux réservoirs souterrains aquifères existent sur le territoire, un aquifère superficiel dans les niveaux de cuirasses latéritiques et un aquifère en profondeur dans les niveaux rocheux carbonatés datés du Précambrien. La nappe d'eau superficielle, bien que très exploité par les puits, correspond à un réservoir vulnérable et fortement marqué par les sources de pollutions humaines (latrines, assainissement, eaux de lavage, ...). Les caractéristiques isotopiques des eaux souterraines superficielles indiquent une très forte dépendance aux conditions hydrologiques d'alimentation et d'infiltration ainsi qu'un rôle massif des processus d'évaporation sur les teneurs en isotopes stables des eaux. L'aquifère profond est, quant à lui, dans des conditions semi-confinées et assez bien isolé des nombreuses influences anthropiques de surface. Les caractéristiques isotopiques des eaux sont en faveur d'une recharge plus homogène, au sein d'un réservoir de taille importante et sur une superficie notable autour de la zone urbaine de Bangui incluant l'ensemble des reliefs et plateaux du secteur. Les temps de séjour calculés à l'aide du carbone-14 sur les eaux souterraines les plus profondes indiquent des temps de renouvellement de l'ordre de plusieurs siècles à environ 3000 ans, traduisant une forte inertie du système aquifère et par là même sont potentiel favorable à une exploitation pérenne et qualitative pour fins de production d'eau potable. Au final, l'ensemble de la région au nord de Bangui semble favorable à l'implantation de nouveaux forages d'exploitation, pourvu que ces forages soient suffisamment développés pour joindre les niveaux carbonatés du Précambrien et que des mesures sanitaires adaptées soient mises en place à proximité immédiate des ouvrages de captage (périmètres de protection).

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Rédigé par L'Ecole Doctorale le Jeudi 20 Novembre 2014 à 17:14 | Lu 245 fois