Soutenance de thèse: Alexandra WILLAUME-ALBERTINI (27 novembre 2015)

Discipline: Langue et Littérature Françaises - Mention: Littératures comparées


Scepticisme savant et sentiment religieux au prisme de la critique de la superstition au XVIIe siècle (Burton, Malebranche, Bayle, Fontenelle)

Résumé vulgarisé

Le XVIIe siècle est l’étape déterminante d’un changement de perspective qui remplace une vision religieuse de l’univers (le créationisme biblique) par une approche scientifique difficilement compatible avec la précédente. Les progrès des sciences, notamment en astrologie avec Copernic, Kepler, Galilée puis Newton contribuent avec l’héliocentrisme à bouleverser la représentation traditionnelle de l’univers. Le conflit des deux interprétations de la nature a pour conséquence une résurgence des croyances superstitieuses qui représentent une fuite irrationnelle devant le mystère du monde,  et surtout un moyen d’interpréter la vie humaine et de trouver des réponses au questionnement existentiel, voire des moyens d’agir sur le monde à travers la divination et la sorcellerie. Cette crise de la pensée restaure l’éternel conflit de la science et de la religion et contribue à la mise en place de l’athéisme moderne, bien que certains penseurs tentent de concilier la raison et la foi dans le contexte de cette nouvelle cosmologie. Mais la théologie rationnelle qui prône une approche scientifique de la religion échoue à expliquer  le fonctionnement de l’univers avec le Dieu chrétien.
Cette recherche envisage de nouveaux critères pour investir l’opposition entre les sciences et la religion en s’appuyant sur la critique de la superstition. Les modes de jugement se modifient et font apparaître une nouvelle théologie naturelle pour décrire l’ordre du monde chez des auteurs comme Burton, Malebranche, Bayle et Fontenelle. En étudiant l’analyse rationaliste et la pensée religieuse dans le contexte de la nouvelle science, nous montrons que derrière les divergences relatives, émerge par confrontation, une nouvelle idée du sentiment religieux, ou un sentiment nouveau de l’idée religieuse, capable d’accorder les vérités de science et de foi.
 

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Rédigé par L'Ecole Doctorale le Mardi 3 Novembre 2015 à 08:28 | Lu 270 fois