Etre ou ne pas être... Docteur !


UNE THESE, POUR QUOI FAIRE ?

          Contrairement aux apparences et à une certaine tradition totalement désuète, une thèse ca ne sert pas seulement à devenir enseignant-chercheur dans une université ou chercheur dans un grand organisme (CNRS, INSERM, INRA…). Une thèse permet de trouver un boulot dans des entreprises à un haut niveau de responsabilité ou de technicité. Avec l'explosion d'Internet et des Biotechnologies, ça permet aussi d’être cadre dans une Entreprise  voire de la diriger ou de participer à sa création. On peut, également, entrer dans la haute administration de la fonction publique, ou dans des organismes liés aux collectivités locales.

          Les chiffres sont sans appel : 98,8% des étudiants entrant à l’Université ne deviendront pas des enseignants-chercheurs et moins d’un quart des docteurs trouvera un emploi dans un organisme de recherche publique ou à l'université.

          La motivation doit être le premier point de repère. Une thèse c'est un vrai boulot et non pas un moyen de prolonger ses études. Réfléchissez à ce que cela peut vous apporter, vous en profiterez d'autant mieux et surtout, vous serez plus à même de partir à la conquête du vaste monde par la suite.
Depuis le début des années quatre-vingt, le doctorat n’est plus d’Etat mais commence à se faire reconnaître dans de multiples milieux professionnels et secteurs de la société. Le doctorat est un tremplin vers tous les métiers qui nécessitent une haute technicité ou une forte capacité à gérer des problèmes complexes.

          Bien sûr, on pense d’abord à des emplois de chercheurs dans des grands groupes industriels. L’émergence de problèmes complexes de société liés à l’environnement, aux mutations économiques et sociales, aux biotechnologies et à la santé a multiplié le besoin d’expertise de haut niveau. L’entrée dans une société dominée par la circulation et la transformation de l’information sous toutes ses formes a fait de la gestion de la complexité un enjeu majeur. De nouveaux employeurs potentiels des docteurs sont apparus : collectivités locales (régions, villes…), sociétés de conseil et de services, agences à vocation scientifique... Cette évolution touche toutes les disciplines, y compris les Sciences de l’Homme et de la Société pour lequel le besoin d’expertise est critique.

          Du coup, faire une thèse, cela ne se justifie pas uniquement par le désir de devenir universitaire mais aussi et surtout par l’envie de travailler sur des problèmes complexes et difficiles pour lesquels les méthodes du chercheur sont indispensables. Ce mouvement d’ouverture des doctorats est enclenché dans tous les pays à haut niveau technologique. Tout cela fait que les Formations Doctorales auront au cours de ce 21ème siècle un rôle aussi important que les Grandes Ecoles durant les deux siècles passés.

COMMENT SE DECIDER ?

La première des conditions est d’être sûr de sa motivation. Il ne faut surtout pas se lancer dans une thèse pour rester en fac et repousser l’entrée dans la vie active. D’ailleurs, la thèse ce n’est plus des études au sens ou on l’entend jusqu’à Bac+5. C’est un vrai travail dans lequel on demandera au doctorant d’être rapidement « opérationnel et productif » comme les autres chercheurs.

Le second point important est la capacité à anticiper son avenir. On gagnera beaucoup de temps sur le moyen terme si, de temps en temps, on sort de ses recherches pour faire le point sur ses projets professionnels. C’est une des principales difficultés des formations doctorales car, dans les mentalités de beaucoup (directeurs de thèse et doctorants), elles sont encore très orientées vers la poursuite d’une carrière académique. Mais le temps passant, de plus en plus de directeurs de thèse, de responsables sont sensibles à l’aspect insertion professionnelle. Enfin les associations de doctorants peuvent ouvrir vers d’autres horizons professionnels que l’université.

UN DOCTORAT, C’EST QUOI ?

          Le doctorat est actuellement régi par les textes suivants dont les principaux sont consultables à la Rubriques Textes légaux et généraux:

  • Code de l'éducation, art. L612-7 & 612-33-36; Code de la recherche, art. L412-1
  • Circulaire n°2006-202 du 8 décembre 2006
  • Arrêté du 7 Août 2007 relatif à la formation doctorale
  • Statuts de l'Ecole Doctorale "Environnement et Société"
  • Règlement intérieur et procédures administratives relatifs à la délivrance du doctorat à l'Université de Corse
 
          Selon l'article L612-1 du code de l'éducation, le doctorat sanctionne les connaissances, les compétences ou les éléments de qualification professionnelle acquis au cours du troisième cycle des études supérieures. Comme chacun des autres cycles, le troisième cycle des études supérieures fait une part à l'orientation des étudiants, à leur formation générale, à l'acquisition d'éléments d'une qualification professionnelle, à la recherche, au développement de la personnalité, -du sens des responsabilité et -de l'aptitude au travail individuel en équipe.

          Selon l'article L612-7, le troisième cycle est une formation par la recherche qui comporte, dans le cadre de formations doctorales, la réalisation individuelle ou collective de travaux scientifiques originaux. Ces formations doctorales sont organisées en étroite liaison avec des laboratoires ou équipes de recherche dont la qualité est reconnue par une évaluation nationale périodique. Elles prennent en compte les besoins de la politique nationale de recherche et d'innovation et comportent une ouverture internationale. Elles constituent une expérience professionnelle de recherche, sanctionnée, après soutenance de thèse, par la collation du grade de docteur.

          Les formations doctorales sont organisées dans le cadre d'écoles doctorales. Elles consistent en une formation par la recherche à la recherche et à l'innovation, qui peut être accomplie en formation initiale ou continue. Durant sa thèse, le doctorant (ou thésard) mène un projet de recherche encadré par un ou plusieurs chercheur(s) confirmé(s) (directeur(s) de thèse). Outre cet encadrement scientifique personnalisé, les doctorants reçoivent une formation collective comportant des enseignements, séminaires ou stages destinés à conforter leur culture scientifique, à préparer leur insertion professionnelle dans le secteur public comme dans le secteur privé et favoriser leur ouverture internationale.

          La durée de la préparation d'un doctorat recommandée par le ministère est de trois ans, mais peut se prolonger plus longtemps. Une part non négligeable (un sixième au oins) est consacrée à la rédaction d'un manuscrit appelé "Mémoire de thèse" ou lapidairement "Thèse". Ce manuscrit doit résumer les recherches, présenter les travaux et synthétiser les nouveaux résultats. il est envoyé à deux rapporteurs pour examen avant soutenance. Ces rapporteurs sont des chercheurs confirmés du sujet sur lequel porte la thèse et lisent en détail le manuscrit de thèse. Ils rédigent des rapports critiques à son sujet.

          Sur la base des rapports et sur proposition du Directeur de l'Ecole Doctorale, le Président de l'Université peut autoriser le doctorant à soutenir sa thèse. La soutenance n'est pas un examen: le directeur de thèse autorise au préalable le dépôt du mémoire et la soutenance ne se fait que si la thèse est "mûre". Il s'agit donc d'une reconnaissance de la valeur du travail effectué et de la valeur du jeune chercheur. Il arrive rarement que le titre de docteur soit refusé à l'issue de la soutenance.

          Le diplôme de doctorat est délivré après la soutenance d'une thèse ou la présentation d'un ensemble de travaux scientifiques originaux. Le diplôme de doctorat confère à son titulaire le grade de docteur.

LE PARCOURS DOCTORAL : DE LA CANDIDATURE A LA SOUTENANCE

          L’inscription en doctorat, la préparation de la thèse et sa soutenance respectent des procédures précises. Chacun de ces points fait l’objet d’une rubrique présentée succinctement à la suite et explicitée dans les autres sous rubriques de la présente rubrique « Doctorat ».

          Sujet et Direction de thèse
          Mots clés : Les directeurs de thèse - Codirection de thèse  - Cotutelle internationale de thèse - Le sujet de thèse - Mentions du Doctorat délivré par l’Université de Corse :

          La préparation d’une thèse est le fruit de la rencontre d’un directeur de thèse et d’un étudiant (grade Master) désireux de s’investir dans une formation par la recherche sur un sujet donné. On appelle « projet de thèse » l’ensemble « Doctorant / Directeur(s) / Sujet »

          Le Sujet de thèse s’inscrire dans l’une des disciplines et mentions du Doctorat délivré par l’Université de Corse et dont la liste exhaustive a été arrêtée par le Conseil de l’Ecole en date du 1er février 2011.

          Indépendamment de la constitution d’une équipe d’encadrement de la thèse, la direction peut être assurée par un directeur unique ou bien par un directeur et un codirecteur tous deux habilités à diriger des recherches (HDR). Le directeur principal doit être HDR dans la discipline de la thèse et relever de l’Ecole Doctorale Selon le cas, les formalités à remplir diffèrent.

          L’étudiant pourra solliciter un directeur de thèse sur la base des sujets que celui-ci se propose de diriger et qui sont mis en ligne sur le site de l’Ecole Doctorale dès le mois de février. Le choix d’un sujet et d’une direction de thèse n’est pas anodin ; il engage et l’étudiant et le(s) directeur(s) pour une durée d’au moins trois ans. Cet engagement doit trouver son aboutissement naturel en la soutenance d’une thèse et l’obtention du titre de Docteur par l’étudiant.

          Les inscriptions en doctorat
          Mots clés : Formalités pour la Première inscription (préinscription ; inscription) - Formalités pour une réinscription (-en 2ème ou 3ème année ;-au-delà de la 3ème année).

          L’accès au Doctorat n’est pas systématique. L’inscription en 1ère année est subordonnée à une autorisation découlant de, l’agrément du projet de thèse. Cet agrément n’intervient que pour la 1ère inscription. Par la suite, l’inscription est obligatoire ; elle est autorisée par l’Ecole doctorale sur la base de l’état d’avancement de la thèse remis en fin d’année, au mois de juillet. Au-delà de la 3ème inscription, une dérogation à la durée doit être sollicitée.

          La préparation et le suivi de la thèse
          Mots clés : Intégration au Laboratoire - Cahier de Laboratoire - Modification du projet de thèse - Changements de directeur(s) et/ou de sujet de thèse - Interruption de thèse - Le Doctorant au laboratoire - Compte rendu annuel - Activités d’enseignement du doctorant – Séminaires – Formations en Langues, Informatique, Statistiques - Formations complémentaires en recherche, insertion professionnelle - Insertion professionnelle - Les Doctoriales

          Sujet et direction de thèse sont fixés lors de la 1ère inscription. Tout changement de ces conditions initiales qui ont subordonné l’autorisation d’inscription doit obligatoirement faire l’objet d’une demande préalable. Cette demande sera instruite par le Bureau de l’Ecole Doctorale qui appréciera la faisabilité.

          La durée recommandée pour la préparation d’une thèse est de trois ans. Durant cette préparation le doctorant pourra exercer des activités complémentaires (Enseignement, diffusion de l’information scientifique, expertise…). Le doctorant a obligation des formations mises en place par l’Ecole doctorale (conférences et séminaires disciplinaires, certifications en langues, en informatique ; cours de statistiques ; module de culture scientifique générale, modules d’aide à la professionnalisation et à l’insertion professionnelle…). En outre, il devra participer à des évènements et des manifestations scientifiques organisées directement ou indirectement par l’Ecole Doctorale (Journée des Doctorants, Doctoriales…).

          La rédaction et la soutenance de la thèse
          Mots clés : Rédaction et présentation de la thèse - Autorisation de soutenance et soutenance de thèse – Enregistrement de la thèse à la B.U.

          La rédaction du mémoire de thèse est un exercice long et difficile. Il ne faut surtout pas attendre les derniers mois pour s’y attaquer. La tenue assidue d’un cahier de laboratoire est de la plus grande aide (et une obligation légale). Le plan du mémoire dépend beaucoup des usages disciplinaires. Le guide édité par le Ministère de l’Enseignement Supérieur est d’un aide précieuse. La soutenance est publique, le doctorant présente son travail oralement devant un jury.

          Les soutiens financiers
          Mots clés : Le Contrat doctoral – Corsemploi-2 – Aide de la CTC aux doctorants – Les CIFRE

         Des soutiens financiers sont possibles pour aider le doctorant à préparer sa thèse en le libérant des soucis d’ordre matériel : contrat doctoral, dispositif CorsEmploi’2, Contrat de recherche, contrat Cifre…

APERCU NATIONAL SUCCINCT DE LA COMMUNAUTE DES DOCTORANTS

          Age moyen des doctorants

          L'âge moyen des doctorants en première année de doctorat est de 29 ans. Lors de la première inscription, il est de 26 ans en sciences exactes et Staps. Pour les autres disciplines, il varie de 29 ans en santé à 32 ans en lettres, langues et sciences humaines. L'âge moyen des doctorants de sciences humaines et sociales lors de leur première inscription, supérieur à la moyenne des autres secteurs disciplinaires, « reflète la présence d'un nombre important de primo-inscrits en doctorat déjà engagés dans une activité professionnelle hors recherche (par exemple, un flux de recrutements significatifs d'enseignants du secondaire dans les secteurs disciplinaire lettres, langues, sciences humaines et droit, économie) », précise l'étude.

          Toutes disciplines confondues, lors de leur première inscription, 45,5 % des doctorants ont au plus 25 ans, 30,4 % ont entre 26 et 30 ans. Cette répartition par tranche d'âge varie entre les disciplines. Ainsi, la part des doctorants âgés au plus de 25 ans la plus élevée est en sciences exactes et Staps (60,3 %), la moins forte en lettres, langues et sciences humaines (27,1 %). Elle est comparable dans les disciplines de santé et de droit-économie-AES (respectivement 38,3 % et 36,4 %).

          Durée des thèses

          Toutes disciplines confondues, 35 % des thèses sont terminées en moins de 40 mois, 34 % en 40 à 52 mois, 20 % en 52 à 72 mois et 11 % en plus de six ans. En sciences exactes, la majorité des doctorats (51 %) durent moins de 40 mois, 37 % durent de 40 à 52 mois, 10 % de 52 à 72 mois et 2 % plus de six ans. En sciences du vivant, 46 % des thèses sont bouclées en 40 à 52 mois et 32 % en moins de 40 mois. 28 % des doctorats de SHS se poursuivent au-delà de 6 ans, et 33 % sont achevés en 52 à 72 mois.

          La part des femmes dans l'effectif global de doctorants est de 47 %. Toutefois, on observe « une grande disparité selon les disciplines ». En effet, la part des femmes qui préparent un doctorat en sciences fondamentales et ses applications est de 28 %. Elle s'élève à plus de 66 % en lettres et en langues.

Rédigé par L'Ecole Doctorale le Mercredi 14 Mai 2014 à 18:27 | Lu 2435 fois